La semaine dernière, j'étais sur un événement corporate en plein centre de Paris. Le genre de truc avec des badges en carton recyclé et des sourires un peu crispés. Et là, le drame : le plateau-repas 'premium'. On nous sert un énième saumon gravlax à peine décongelé et une salade de quinoa qui n'avait de goût que l'huile de colza. Franchement, on en est encore là en 2024 ?
Je traîne dans le milieu de la restauration événementielle depuis quinze ans, et j'ai l'impression qu'on tourne en rond. On nous parle de digital, d'expérience client, de QR codes sur les tables, mais on oublie le principal : le produit. Un bon france-traiteur.fr ne devrait pas se contenter de faire du 'joli'. Le visuel, c'est bien pour Instagram, mais ça ne nourrit pas son homme, et encore moins une assemblée de congressistes affamés après trois heures de conférence sur la cybersécurité.
L'obsession du dressage au détriment du goût
Le vrai problème, c'est cette tendance à vouloir tout transformer en œuvre d'art miniature. C'est sympa les micro-pousses, mais quand elles servent à cacher une mousse de canard industrielle, ça me fatigue. On a perdu cette culture du plat mijoté, celui qui sent bon quand on entre dans la salle. Du coup, on se retrouve avec des buffets froids qui se ressemblent tous, de Lille à Marseille. C'est d'une tristesse absolue. Pourquoi est-ce qu'on n'ose plus le chaud ? Pourquoi cette peur panique de la logistique d'un vrai plat de résistance ?
Bon, je sais ce que vous allez me dire : 'Oui mais le coût de l'énergie, le personnel en salle, l'équipement mobile...'. Je connais la chanson par cœur. Mais à force de rogner sur tout ce qui fait le sel de notre métier, on finit par devenir des logisticiens de boîtes en plastique. On n'est plus des traiteurs, on est des livreurs. C'est peut-être un peu dur ce que je dis, mais il faut parfois mettre les pieds dans le plat (au moins celui-là sera chaud).
Le retour en force du terroir (le vrai)
Heureusement, tout n'est pas noir. J'ai croisé quelques jeunes chefs récemment qui balancent tout ça aux orties. Ils reviennent à des trucs simples : une vraie pièce de viande bien sourcée, des légumes de saison qui n'ont pas fait trois fois le tour de l'Europe dans un camion frigo. C'est ça l'avenir pour un france-traiteur.fr qui veut durer. Les gens ne sont pas dupes. Ils en ont marre de la cuisine aseptisée.
D'ailleurs, vous avez vu le succès des émissions comme Top Chef ou les reportages sur les petits producteurs ? Le public est devenu expert. Vous ne pouvez plus lui vendre une sauce en poudre sans qu'il s'en aperçoive. Et c'est tant mieux ! Ça nous force à nous sortir les mains des poches. Il y a une sorte de retour à l'authenticité qui fait du bien, un peu comme le renouveau du vinyle face au streaming. On veut du grain, de la texture, du caractère.
Est-ce qu'on ne pourrait pas imaginer, pour nos prochains événements, de remettre la cuisine au centre de la pièce ? Pas juste un atelier de découpe de jambon, mais une vraie cuisine ouverte où l'on sent les épices, où l'on entend le crépitement du feu. C'est ça qui crée du souvenir, pas la couleur de la nappe. En gros, il faut arrêter d'avoir peur du gras et de la vapeur. Au final, qu'est-ce qui compte vraiment : que le buffet soit prêt à l'heure pile ou que les invités en parlent encore le lendemain avec des étoiles dans les yeux ? Je vous laisse méditer là-dessus pendant que je vais me chercher un vrai sandwich, un truc avec du pain qui craque.