L'autre soir, j'étais sur un cocktail de lancement pour une marque de cosmétiques bio. Très chic, très vert sur le papier. Et là, le drame : je me retrouve avec une cuillère en bambou qui me râpe la langue et un gobelet en carton qui ramollit après trois gorgées de Prosecco. Franchement, on en est encore là en 2024 ? On essaie de sauver la planète en gâchant l'expérience client. C'est absurde.

Heureusement, j'ai croisé un traiteur lillois qui commence à tester la vaisselle comestible. Et je ne parle pas de la vieille coupelle en gaufrette insipide qui rappelle les pires kermesses de notre enfance. Non, là on parle de vrais contenants qui ont du goût, ou au moins une texture qui ne fait pas regretter le plastique à usage unique.

Le vrai défi du traiteur moderne

Le problème, c'est que le client veut tout et son contraire. Il veut du zéro déchet pour se donner bonne conscience, mais il n'est pas prêt à payer le triple pour le lavage de la vaisselle en dur ou le transport de caisses lourdes. C'est là que la vaisselle comestible devient intéressante. Imaginez : vous finissez votre verrine et vous croquez le contenant. Pas de poubelle, pas de plonge. Juste du plaisir en plus.

Bon, après, soyons réalistes. Techniquement, c'est un enfer à gérer. J'en discutais avec un chef la semaine dernière, il me disait que le plus dur, c'est l'humidité. Si vous mettez un gaspacho dans un bol en biscuit trop tôt, vous servez de la bouillie. C'est tout un art de timing. Mais quand c'est réussi, l'effet « waouh » est imbattable. C'est bien plus efficace que n'importe quel discours marketing sur le développement durable.

D'ailleurs, ça me fait penser à cette boîte qui cartonne avec des pailles en sucre filé ou en pâte à pâtes. C'est malin, c'est fun, et surtout, ça ne finit pas dans le nez d'une tortue ou au fond d'une décharge. On est dans l'ère de l'utile qui se mange.

On arrête de se moquer du monde ?

Il faut arrêter de croire que le client est dupe. Les petits pics en bois avec un drapeau tricolore, c'est fini. Aujourd'hui, le métier de traiteur doit se réinventer ou il va finir par être ringardisé par la livraison de plateaux repas sans âme. La vaisselle comestible, c'est une piste, mais c'est surtout un état d'esprit. On doit arrêter de voir le contenant comme un déchet en devenir.

Est-ce que c'est rentable ? Pas encore totalement, je vous l'accorde. Les coûts de production sont encore élevés et la fragilité du produit demande une logistique aux petits oignons. Mais entre nous, n'est-ce pas le prix à payer pour sortir du lot ? Je préfère largement investir dans des contenants innovants que dans une énième nappe en intissé de mauvaise qualité.

Et puis, il y a ce côté ludique qui manque cruellement à nos réceptions parfois un peu trop guindées. Voir un PDG en costume croquer dans sa tasse à café, ça humanise direct la soirée. C'est ce genre de détails qui fait qu'on se souvient d'un événement. Au final, le goût du contenant doit être aussi bossé que celui du contenu. Si c'est pour manger du carton aromatisé, autant rester sur de la porcelaine classique.

Je me demande vraiment jusqu'où on va aller. À quand les couverts en pain ultra-résistant ? Ou les plateaux de service qu'on partage en fin de buffet ? En tout cas, si vous n'avez pas encore jeté un œil à ces solutions, vous devriez. Parce que la réglementation ne va pas s'assouplir et que le plastique, même recyclé, commence sérieusement à fatiguer tout le monde. Quitte à ce que ce soit compliqué au début, autant être celui qui lance le truc dans son coin plutôt que celui qui suit la tendance trois ans après les autres.